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Au Royaume-Uni, la grippe aviaire menace de gâcher les fêtes – Reportage international

todaydécembre 3, 2022

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Au Royaume-Uni, la dinde est un incontournable des fêtes. Mais depuis plusieurs semaines, la grippe aviaire sévit sur les élevages. La moitié des dindes du pays a été tuée ou abattue, à quelques semaines du 25 décembre. 

De notre envoyée spéciale, 

À l’entrée de la ferme de Steve Childerhouse, deux chiens de berger accueillent les visiteurs… Mais hormis leurs aboiements et le bêlement d’un mouton, il règne sur la petite exploitation un silence inhabituel. « Il y a normalement des dindons partout autour de nous, dans les bois, dans les enclos, 24 heures sur 24, raconte l’éleveur. Et à cette période de l’année, on commence d’habitude à plumer les oiseaux, on est quarante à travailler ici ! Cette année, c’est vraiment une ambiance différente. »

Avec émotion, il raconte cette journée d’octobre : un premier oiseau retrouvé mort, le diagnostic du vétérinaire, puis l’abattage, par l’agence sanitaire animale, de ses 13 000 oies et dindes. Or, tout son bénéfice, Steve Childerhouse le fait à Noël. « Je crois qu’on va être indemnisé à hauteur de 7 500 oiseaux, je n’en suis même pas sûr. J’espère qu’on va toucher environ 30 livres sterling par dinde, alors qu’on les vend en moyenne 70 à 80 livres en période festive. Ça fait une sacrée différence. »

L’éleveur n’a d’ailleurs pas encore reçu la compensation de l’État. Impossible pour lui de se reconvertir, même temporairement : les bâtiments des oiseaux grippés doivent rester en quarantaine pendant douze mois. « Nos bâtiments sont anciens, on ne peut pas les nettoyer selon les critères établis par le ministère de l’Agriculture. Par conséquent, on ne peut pas les réutiliser avant octobre prochain. Or, les poussins arrivent en général en juin. Dans l’état actuel des choses, on va manquer Noël prochain aussi, et on ne pourra recommencer à travailler qu’en juin 2024. » Pour l’instant, l’éleveur s’occupe avec de petits boulots ici et là.

De la dinde peut-être, mais à quel prix 

Chaque Noël, depuis près de 20 ans, Steve Childerhouse fournit le magasin agricole Goodie’s, à 40 minutes en voitures. Le propriétaire, Stuart Gooderham, craint de perdre des clients cette année. « Il faut que je trouve de nouveaux fournisseurs, n’importe où, mais évidemment en ce moment, les producteurs de dindes n’ont pas de surplus ! J’ai trouvé pour l’instant 80 à 100 dindes. J’en ai besoin de 250, voire 300. Du coup, je ne peux donner aucune certitude à mes clients tant que je n’ai pas trouvé ces dindes », se désole-t-il.

Le marchand se prépare à devoir gérer le mécontentement des clients fin décembre. « Forcément, ils vont s’énerver après nous, s’ils veulent de la dinde bronzée et qu’il n’y a que de la blanche, s’ils veulent une dinde de six kilos, mais qu’il n’y a que des sept. Ils ne vont pas nous rater. On essaye, déjà, de leur proposer des alternatives : côtes de bœuf, cochon rôti ou faisan ! »

La grippe aviaire a évidemment fait grimper les prix. Comme il a fixé ses tarifs, il y a plusieurs semaines, pour les repas de Noël, Stuart Gooderham avertit : le reste des produits risque de continuer d’augmenter les prochains mois.

► À lire aussi :  Au Royaume-Uni, les Britanniques craignent une pénurie de dindes à Noël

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