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Belgique: l’heure d’entrer dans le vif au procès des attentats du 22 mars 2016

todaydécembre 6, 2022 2

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Le 22 mars 2016, deux explosions successives secouent Bruxelles, la première à 7h58 à l’aéroport de Zaventem, la deuxième à 9h11 à la station de métro Maelbeek. Au total, les attentats font 340 blessés et 32 morts, plus les trois terroristes. Après le procès à Paris des attentats du 13 novembre 2015, commis par la même cellule terroriste, s’ouvre donc à Bruxelles le deuxième procès majeur, celui du 22-Mars.

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de notre correspondant à Bruxelles

C’est dans l’ancien siège de l’Otan que s’ouvre ce lundi 5 décembre ce procès des attentats du 22 mars 2016, un site aménagé en particulier en vue de ce procès avec, par exemple, une salle d’audience principale doublée de huit salles supplémentaires. Elles sont destinées à accueillir les parties civiles qui sont au nombre de 960.

Il y a déjà eu de nombreux épisodes judiciaires, comme par exemple un procès à l’encontre de Salah Abdeslam et Sofien Ayari, qui font partie des dix accusés du procès qui s’ouvre ce lundi. Ils ont été condamnés à vingt ans de prison pour la fusillade survenue trois jours avant l’arrestation de Salah Abdeslam, le 18 mars 2016. Ce verdict est tombé il y a quatre ans déjà et depuis il y a eu la clôture de l’enquête, annoncée à l’automne 2019, puis toutes les procédures intermédiaires pour ce procès-ci : déjà deux jours d’ouverture avec les problèmes des box, puis la sélection des jurés ; puis, la chambre des mises en accusation, la chambre du conseil qui a décidé de la tenue d’un procès d’assises.

► À lire aussi : en Belgique, le procès des attentats du 22 mars 2016 s’est ouvert à Bruxelles

Un procès hors norme

Un procès six ans et demi après les faits, c’est long. Mais n’oublions pas que la justice belge a dû attendre que s’achève le procès des attentats de Paris du 13 novembre 2015 puisque cinq des dix accusés de Bruxelles ont été condamnés à Paris en juin dernier, dont par exemple Salah Abdeslam et Mohamed Abrini à la perpétuité.

Une grande partie du procès reposera sur des éléments communs à celui du procès de Paris, mais avec des procédures finalement différentes. Malgré la proximité du droit et de la jurisprudence entre la Belgique et la France, il s’agit ici d’un procès d’assises où un jury populaire décidera si chacun des accusés est coupable.

Survenus quatre mois après les attentats de Paris, ils en sont la conséquence directe en quelque sorte, car l’arrestation de Salah Abdeslam à Molenbeek-Saint-Jean quatre jours plus tôt aurait précipité la décision des membres subsistants de la cellule terroriste de passer à l’action.

Dans l’ensemble, tout est hors normes dans ce procès, comme le souligne maître Olivia Venet, avocate des parties civiles : « C’est un procès hors normes. C’est un procès extraordinaire qu’on connaît ici en Belgique. On en a connu d’autres, mais celui-ci a des particularités. C’est un dossier extrêmement conséquent. On est à 230 cartons, comme on dit dans notre jargon de pénaliste : 10 personnes poursuivies, 9 qui sont présentes, une qui est supposée être décédée et donc qui ne sera pas présente ; 960 constitutions de parties civiles…. »

Hors-norme également la durée prévue de ce procès : de six à neuf mois. Et le nombre de jurés, c’est la particularité de ce procès d’assises : douze jurés et leurs 24 suppléants décideront si les accusés sont coupables.

Paroles de victimes

De nombreuses victimes comptent assister aux audiences, quand elles le pourront, à l’instar de Jaana qui était sur le quai du métro Maelbeek, sur la route de son bureau proche. Elle a été brûlée aux mains, au visage et aux jambes : « J’étais enceinte de six mois et demi à ce moment-là, d’un premier enfant. J’ai été hospitalisée pendant quatre mois. Je suis sortie le 20 juillet de l’hôpital. Le bébé va bien. Il a six ans et demi aujourd’hui. Il y a des séquelles. Évidemment, c’est quelque chose qui reste pour toujours. Maintenant, le procès, pour moi personnellement, c’est une étape vraiment très importante dans la reconstruction. J’ai toujours su que le jour où il y aura le procès, je devrais le suivre. Mais il faudra intégrer cela dans une vie quotidienne, avec le travail, la vie de famille, etc. et avec sa santé, parce que c’est une épreuve, assurément ».

Une épreuve pour beaucoup de victimes des attentats de Bruxelles, mais le procès pourrait apporter des réponses à beaucoup de questions… 

C’est vrai que beaucoup cherchent encore à se reconstruire plus de six ans et demi après les attentats, à l’instar de Christelle qui a perdu une bonne partie de son audition et souligne que l’indemnisation des victimes est loin d’être achevée : « Il y a eu beaucoup, beaucoup de désorganisation et de problèmes. Et encore aujourd’hui, il y a beaucoup de victimes qui ne sont pas encore indemnisées, dont les dossiers n’avancent pas. On est quand même six ans et demi après. De mon côté, c’est très personnel, je pense que j’ai eu de la chance, et que j’ai eu un parcours administratif qui a duré cinq ans, mais qui est aujourd’hui clôturé. Mais je fais partie d’une minorité, vraiment, de personnes chez qui ça s’est plus ou moins bien passé. Le parcours est semé d’embûches et très difficile à comprendre. Et on est très seul. Encore aujourd’hui, s’il y a un attentat en Belgique, heureusement qu’il y a des associations pour faire entendre les victimes : voilà vos droits, voilà ce que vous devez faire, voilà le parcours qui va être long, mais on va vous accompagner ».

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