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Cinéma: «Armageddon Time», un film autobiographique inspiré de l’enfance de James Gray – Rendez-vous culture

todaynovembre 10, 2022

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Après avoir filmé Brad Pitt dans l’espace dans Ad Astra, James Gray retourne sur Terre pour son huitième long métrage, Armageddon Time, qui vient de sortir en salles en France. Armageddon Time est un titre évocateur et trompeur à la fois : ce n’est pas un blockbuster montrant des destructions à coups d’effets spéciaux, mais la chronique mélancolique d’une adolescence dans le Queens, un quartier de New York, au début des années 1980.

James Gray s’est inspiré de son enfance et considère cette période comme décisive pour l’avenir du monde. « Quand j’avais douze ans, je me souviens que l’un de mes modèles était Mohamed Ali, raconte le réalisateur. À l’automne 1980, il a subi une défaite humiliante face à Larry Holmes. Quelques mois plus tard, John Lennon était assassiné et puis Ronald Reagan a été élu président. Ma mère ne cessait de répéter qu’il allait y avoir une guerre nucléaire. J’avais le sentiment qu’une apocalypse était imminente. C’était aussi le début du marché-roi. Si vous considérez la hausse des inégalités, c’est d’ailleurs un enjeu mondial, tout prend racine dans ces années : 1979-1980. Je crois que c’est un point de bascule qui est encore trop sous-estimé. Et puis, dans le milieu du cinéma américain, c’est aussi la fin du Nouvel Hollywood, la fin d’un certain type de films que j’aime vraiment. Et je me sens l’obligation d’entretenir cet esprit. »

« Je veux remettre ce système d’oppression en question »

James Gray filme donc Paul, un garçon de douze ans qui grandit dans une famille juive ashkénaze et veut devenir un artiste. Dans l’école publique du quartier, il sympathise avec Johnny, petit garçon noir livré à lui-même. Les deux garçons font les 400 coups. Mais pour éviter que Paul ne tourne mal, ses parents décident de le scolariser dans une école privée mieux fréquentée.

En filmant cette chronique douce-amère, le réalisateur de 52 ans veut mettre en évidence l’injustice des inégalités économiques et raciales. « J’ai écrit le scénario avant toute une série de bavures policières, la pire étant le meurtre de George Floyd par des policiers blancs, raconte-t-il. Il y a plusieurs niveaux de privilèges. Il faut bien voir que les enfants qui vont dans de bonnes écoles privées accèdent à des superprivilèges. Ils font partie de l’élite, et ils le savent. Le système est complètement verrouillé : le même petit groupe de personnes accède au plus haut niveau et exclut tous les autres. C’est le monde dans lequel on vit. Comment peut-on briser ce cercle vicieux ? Alors certains vont dire : comment faire pour que tout le monde s’enrichisse ? Mais c’est une réponse individualiste. Moi, je veux remettre ce système d’oppression en question. J’ai juste voulu montrer toutes les couches de ce système. »

Chronique familiale mélancolique, portée par la bande son des années 1980, Armageddon Time est un mélodrame délicat et en même temps engagé, un appel à un réveil des consciences, mais aussi le beau portrait de la naissance d’un artiste. 

► À lire aussi : « Ad Astra », la conquête de soi-même

Le film a été présenté en compétition au Festival de Cannes 2022.

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