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Comment politiques et médias se sont rués sur l’affaire Lola

todayoctobre 22, 2022 1

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Retour sur le traitement médiatique de l’affaire Lola face aux prises de position de l’extrême droite et en pleine semaine de grève

Les Français ont beau manquer d’essence, ce qui ne manquera jamais face une sordide affaire de meurtre d’une enfant de 12 ans, c’est la capacité à en user comme d’un carburant dans les médias. Sur la chaîne C8, Cyril Hanouna a même fêté mercredi avec force cotillons et hilarité générale un record d’audience de son émission TPMP, consacrée la veille à cette affaire Lola, une jeune fille blonde séquestrée, violée, torturée, assassinée à Paris.

La suspecte est une Algérienne de 24 ans visiblement déséquilibrée. « Faut-il juger les fous ? », s’est interrogé Cyril Hanouna, avant de répondre lui-même : oui, au nom de l’idée que « la société a changé », il faut selon lui condamner immédiatement la jeune femme à la perpétuité sans autre forme de procès. D’ailleurs, disait-il, « elle n’a pas droit à une défense ». Que ce système niant la justice n’existe dans aucun pays démocratique n’a pas fait ciller l’animateur. Il parle, dit-il au nom des Français qui n’en peuvent plus.

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Un fait divers devenu une affaire politique 

Démagogie, populisme ? Sans doute, même si ce n’est pas toujours assumé. Sur BFM TV, le présentateur Bruce Toussaint a soigneusement chapitré le zemmouriste Stanislas Rigault qui appelait à une manifestation en faisant de cette affaire Lola une preuve manifeste de laxisme, la suspecte algérienne étant sous le coup d’une obligation de quitter le territoire arrivée à expiration le 21 septembre. « Elle n’est pas encore enterrée, respectez la famille », protestait Bruce Toussaint alors même que Reconquête, le parti d’Eric Zemmour, avait acheté le nom de domaine « Manif pour Lola » et avant que des manifestants ne crient « migrants assassins ». Et c’est vrai que la famille a appelé à la « sérénité et au calme, loin de toute agitation politique et médiatique ».

Seulement, pourquoi diable BFMTV invite-t-elle sur ce sujet l’extrême droite à travers Stanislas Rigault, Marion Maréchal ou Eric Zemmour, si ne n’est précisément pour faire son miel de l’affaire Lola ? Bien sûr, on objectera que ce fait divers est devenu une affaire politique depuis que l’extrême droite, voire la droite, en a fait le syndrome du mal français, la meurtrière présumée étant en situation irrégulière depuis trois ans. Mais est-ce que ces débats n’occultent pas aussi l’actualité sociale ? En pleine période de grève pour la revalorisation des salaires, est-ce que l’affaire Lola méritait d’occuper autant l’espace médiatique ?

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En tout cas, Le Parisien a préféré faire deux fois d’affilée sa Une sur le « martyre de Lola » plutôt que sur la grève des transports. Au passage, selon Le Monde, il a censuré intégralement une interview de Philippe Martinez, le leader de la CGT.

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