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«Il n’est pas à exclure qu’un missile russe puisse frapper la Pologne»: Andrzej Byrt, ex-vice ministre polonais des Affaires étrangères

todaynovembre 18, 2022

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Un accident « malheureux » pour la Pologne et l’Otan qui écartent finalement la thèse d’un missile russe : pour Varsovie comme pour les pays occidentaux, l’explosion qui a fait deux morts mardi soir 15 novembre en territoire polonais a été probablement provoquée par un missile anti-aérien ukrainien. Pas de risque, pour le moment du moins, d’escalade militaire entre les pays de l’Otan et la Russie. Mais en Pologne, ce scénario reste dans tous les esprits. Entretien avec Andrzej Byrt, ancien vice-ministre polonais des Affaires étrangères, et ancien ambassadeur en France et en Allemagne.

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RFI : La thèse d’un missile russe est écartée, mais craignez-vous cependant qu’un incident de ce type puisse se produire à l’avenir, étant donné l’ampleur des bombardements russes en Ukraine ?

Andrzej Byrt : Il n’est pas à exclure qu’un missile russe puisse malheureusement atterrir en Pologne, surtout quand on observe les dernières frappes de missiles de croisière russes. Les Russes ne disposent pas d’outils de grande précision en ce qui concerne les frappes à longue distance, et il se peut qu’un jour un missile russe frappe la Pologne, sans que ce soit intentionnel.

L’Otan insiste sur le fait qu’à ses yeux l’Ukraine n’est pas responsable de ce tir, même si c’est un de ses missiles qui a touché le territoire polonais. Partagez-vous cette opinion ?

Pour nous il est clair que l’Ukraine n’est pas responsable. Tout le monde en Pologne le sait : l’Ukraine se défend et elle a le droit de le faire. Ce sont les Russes qui ont agressé l’Ukraine.

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Les Polonais ont-ils confiance dans la solidarité de l’Otan ? Et dans le fait qu’en cas d’agression russe, ils seraient aussitôt soutenus par les alliés ?

Oui, je ne pense pas qu’une autre réponse soit acceptable. Cela est démontré par la présence maintenant massive des forces de l’Otan, y compris les forces françaises, qui sont engagées dans une certaine mesure dans les pays baltes.

Au-delà de l’aide qui peut être apportée par l’Otan, la Pologne est-elle prête aujourd’hui à affronter la Russie en cas de scénario du pire ? Et comment s’y prépare-t-elle ?

Nous nous y préparons comme d’ailleurs chaque membre de l’Otan. Nous avons fait un certain nombre de grandes commandes d’un armement nouveau dans différents pays du monde. Nous devons renforcer la défense anti-aérienne, la défense de grande précision avec des armements de type Himars (lance-roquette américain) ou les batteries de Patriot (défense anti-missile) que nous avons commandées aux États-Unis. Les trois types d’armes que nous devons renforcer, ce sont les avions, les batteries de défense anti-aérienne et la force de frappe conventionnelle à longue portée.

► À écouter aussi : Guerre en Ukraine: explosion d’un missile en Pologne « L’Otan ne décide pas dans la précipitation »

La Pologne a été dès le début du conflit un soutien inconditionnel de l’Ukraine. Est-ce que ce soutien est aussi fort aujourd’hui ?

Pour le moment, il y a aucun signe d’hésitation dans ce domaine. Et cela même si nous allons, nous aussi, comme en France ou ailleurs, souffrir de l’envolée des prix de l’énergie. Nous allons subir également les conséquences des frappes russes sur l’infrastructure énergétique de l’Ukraine. Car, lorsque de nombreuses villes ukrainiennes seront privées d’électricité, il y aura sans doute une nouvelle vague massive d’émigration. On ne sait pas quand le grand froid va arriver en Ukraine, mais on s’y prépare. Il n’est pas à exclure que des centaines de milliers, voire des millions d’Ukrainiens, essaient alors de trouver refuge hors d’Ukraine.

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