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L’espace Schengen, eldorado ou passoire? – Le monde en questions

todaydécembre 11, 2022 2

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Des migrants marchent dans un champ près du village serbe de Majdan, près des frontières hongroise et roumaine, le 21 mai 2021. (Image d'illustration)

L’Union européenne vient d’accepter la candidature à l’espace Schengen de la Croatie, mais a refusé celles de la Bulgarie et de la Roumanie, sur fond de forte pression migratoire. Comment expliquer que l’espace Schengen attire autant les convoitises ?

Le principal avantage de cet espace Schengen, c’est que les plus de 400 millions de personnes qui en font partie peuvent se déplacer librement, sans contrôles aux frontières intérieures. D’où le fort intérêt qu’il suscite. Cet espace de libre circulation compte désormais, avec l’acceptation de la candidature de la Croatie, 23 des 27 pays de l’Union européenne, plus quatre pays non membres de l’Union européenne : l’Islande, le Liechtenstein, la Norvège et la Suisse. Une bonne nouvelle pour Zagreb afin de développer son tourisme et alors qu’elle va entrer aussi dans la zone euro à partir du 1er janvier 2023.

► À lire aussi : Feu vert à l’entrée de la Croatie dans l’espace Schengen, la Roumanie et la Bulgarie recalées

Alors pourquoi la Bulgarie et la Roumanie sont-elles recalées ?

Les deux pays ont dû affronter l’opposition de certains États européens qui ont mis leur veto. En particulier celle de l’Autriche, surtout braquée contre la Bulgarie, affirmant, à tort ou à raison, que ce pays ne serait pas au niveau exigé, notamment en termes de corruption et de droits humains. Les Pays-Bas adoptent d’ailleurs la même attitude à l’égard de la Bulgarie. La Roumanie, elle, fait un peu les frais de cette hostilité, puisque, pour des raisons de procédures, les dossiers des deux pays sont liés.

En tout cas, cette question de l’élargissement ou pas de l’espace Schengen repose aussi la question de la pression migratoire sur l’ensemble du territoire de l’Union européenne. Depuis la fin de la pandémie de Covid, depuis le retour des talibans au pouvoir en Afghanistan, et bien sûr avec la guerre en Ukraine, celle-ci est repartie à la hausse. Une pression qui a conduit certains pays comme l’Autriche et la République tchèque à réintroduire des contrôles aux frontières, pour lutter plus efficacement contre les passages illégaux de leurs frontières, qui ont explosé cette année. Vienne parle ainsi de plus de 100 000 entrées illégales sur son territoire.

Selon l’agence Frontex, depuis le mois de janvier, il y a eu 140 000 entrées irrégulières pour cette seule route des Balkans occidentaux. Donc, oui, l’Europe est confrontée à une nouvelle vague migratoire, même si elle n’a pas l’ampleur de celle de 2015. Face à cette pression, elle n’a qu’une seule réponse : la restriction et la fermeture. Sans aller tellement plus loin dans la réflexion.

« Un Livre noir des refoulements »

Il y a aussi des dérapages comme le constate le « Livre noir des refoulements » publié cette semaine, un ouvrage qui est le fruit du travail d’une dizaine d’ONG, qui ont mis en place un réseau de surveillance des violences aux frontières. Sur la période 2020/2021, ce « Livre noir » a recensé 1 600 témoignages de migrants qui concernent environ 25 000 personnes. Tous humiliés et maltraités en voulant demander l’asile. Avant d’être brutalement refoulés hors du territoire européen.

Une enquête d’autant plus embarrassante que depuis le mois de février, l’invasion de l’Ukraine par la Russie a démontré par contraste que l’Union européenne savait faire face en cas de crise migratoire et adopter une politique d’accueil en phase avec ses valeurs humanistes. Depuis le début de l’année, près de huit millions de réfugiés ukrainiens ont fui vers les États européens, en quête de protection. Et, dans l’ensemble, ils ont été bien accueillis et bien traités.

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