L'Europe

Mer Noire: le trafic marchand de céréales suspendu

todayoctobre 31, 2022

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La Russie a annoncé samedi se retirer de l’accord sur les céréales dit de la mer Noire, négocié en juillet sous l’égide des Nations unies et de la Turquie pour faciliter l’exportation des céréales d’Ukraine et de Russie. Une suspension qui a eu un effet immédiat car ce dimanche il n’y a pas de bateau marchand à circuler dans le cadre de l’Initiative céréalière de la mer Noire.

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Aucun accord n’a été trouvé au niveau du centre de coordination conjointe (JCC) -en charge de la supervision de l’accord – pour des mouvements de navire ce dimanche. L’annonce est faite par le coordonnateur des Nations unies pour l’Initiative céréalière de la mer Noire, Amir Mahmoud Abdulla

Le coordonnateur précise dans un communiqué que neuf navires – cinq sortant et quatre entrants – ont pu transiter par le corridor maritime humanitaire hier. Plus de dix navires sont actuellement en attente. Dans ce même communiqué, Amir Abdulla assure avoir porté cette question à l’attention des délégations turque et ukrainienne auprès du centre de coordination conjointe. Ce dernier affirme examiner « les développements récents, évaluer leur impact sur les opérations et discuter des prochaines étapes ».

À lire aussi : la diplomatie turque à l’épreuve du retrait russe de l’accord sur les céréales:

Si la Russie dénonçait ces dernières semaines le blocage de ses exportations en raison des sanctions pesant contre elle, l’Ukraine elle critiquait la lenteur des inspections des cargos obligatoire avant départ…. Accusant la Russie de faire obstruction. Plus de 170 navires étaient en attente d’inspection cette semaine selon le Centre de coordination conjointe. 

Depuis l’entrée en vigueur de l’accord dit de la mer Noire, 9 millions de tonnes de céréales et autres produits agricoles ont pu quitter les ports ukrainiens. Des produits bloqués dans les ports ukrainiens depuis le début du conflit en février, ce qui avait provoqué une flambée des prix alimentaires.

Le risque d’une nouvelle crise alimentaire est réel, d’après Sébastien Abis, directeur du club Demeter et chercheur à l’Iris

« On avait entre 2,5 et 3,5 – 4 millions de tonnes maximum de grains qui sortaient d’Ukraine, et qui étaient chargés chaque mois depuis l’accord du 22 juillet. Du maïs, du tournesol du blé et également un peu d’orge.  

Si évidemment, ces 2,5 à 4 millions de tonnes deviennent 0, il faudra trouver ailleurs cette matière première qui ne provient pas de beaucoup d’endroits de la planète.  

L’Ukraine fait partie de la dizaine de puissances céréalières du monde, donc on peut avoir encore une fois une crise alimentaire mondiale. Il va falloir attendre lundi, la réouverture des grandes bourses pour voir un peu comment les cours bougent.

Ce qui est probable, c’est que ça bouge à la hausse, sachant que le prix du blé en cette fin de semaine était au niveau cotation européenne autour de 340 € la tonne, c’est à dire des prix très élevés, qui sont très peu soutenables pour des économies du Sud où la facture alimentaire à l’importation commence à être difficile à assumer, surtout si les prix élevés restent durables.

au micro de Nicolas Feldmann, du service international 

Les réactions internationales se succèdent depuis

À Washington, Joe Biden et son secrétaire d’Etat Antony Blinken ont condamné la décision russe. Sur twitter, Josep Borrell, Haut Représentant de l’UE pour les affaires étrangères exhorte ce dimanche la Russie à revenir sur sa décision de se retirer de l’accord sur les exportations de céréales à partir des ports ukrainiens de la mer Noire. « La décision de la Russie (…) met en péril la principale voie d’exportation de céréales et d’engrais indispensables pour faire face à la crise alimentaire mondiale provoquée par la guerre contre l’Ukraine », écrit-il.

Dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux et rapportée par l’agence de presse russe TASS, le ministre de l’agriculture russe, Dmitry Patrushev, dit être prêt dans les prochains mois à livrer 500 000 tonnes de céréales avec l’aide de la Turquie aux pays les plus pauvres. Contacté par RFI le Centre de coordination conjointe n’a pas souhaité faire de commentaire. La Turquie n’a pas non plus réagi pour le moment

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