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Mia Lahlou Filali: cheffe d’entreprise, numéro un du médicament générique en Afrique – Aujourd’hui l’économie, le portrait

todaydécembre 2, 2022 1

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Le portrait du jour nous amène au Maroc, à la rencontre de Mia Lahlou Filali. Elle est à la tête de l’entreprise Pharma 5, leader du médicament générique en Afrique. Forte de 1 800 salariés, elle produit 400 types de médicaments génériques, et a notamment  développé un traitement complet contre l’hépatite C. Pharma 5 exporte dans 40 pays, essentiellement en Afrique. Elle développe actuellement une unité de production en Côte d’Ivoire. Mia Lahlou Filali a pris la tête de l’entreprise familiale en 2012 à la suite de son père. 

Mia Lahlou Filali est une femme dynamique et volubile. Ce vendredi matin, son comité de direction est réuni autour d’une panière de viennoiseries. Les employés décrivent sans phare leur directrice. 

« La force, elle ne lâche pas », « Moi, je dis rebelle, femme de challenge, sans relâche, elle suit des objectifs graduellement », « Eye of the tiger », « révolutionnaire », « Il y a beaucoup d’empathie, elle nous comprend comment on fonctionne, comment on gère. Elle sait nous orienter délicatement », « elle nous connaît et prend le temps de nous connaître », « c’est une grande rêveuse, elle sait nous emporter dans ses rêves les plus fous », « une grande rêveuse. Madame Mia, c’est une grande rêveuse, moi dans le département international ça me plaît d’avoir une personne comme ça qui rêve sans limites », « persévérance, quand elle pense à quelque chose, elle est visionnaire, elle est rêveuse et même si on dit en tant que comité de direction non, on ne va pas y arriver, elle est toujours là pour nous dire qu’on va y arriver, et on y arrive toujours », les qualificatifs élogieux à son égard ne manquent pas. 

Pharma 5 est une entreprise familiale crée en 1985 par son père. Sa sœur, Yasmine, dirige la partie industrielle, recherche et développement. Et si Mia Lahlou Filali a été baignée dans le secteur toute son enfance, il n’allait pas de soi qu’elle prenne la relève. 

« Papa nous a nourries de ça. Ma sœur est pharmacienne d’industrie, moi-même, j’ai commencé par faire une année de pharmacie à l’Université, tellement on avait ça inoculé dans le sang. J’ai détesté pharma, donc, finalement,  j’ai fait Dauphine, j’ai fait Sciences Po Paris. J’ai travaillé 10 ans chez LVMH en parfum et cosmétique de luxe, donc a priori rien à voir avec les pilules et les suppositoires. Mais papa qui est un grand militant très moderne, très progressiste, papa est musulman, mais il nous a éduquées en femmes libres, capables de reprendre un business pareil. Et ma mère aussi y est pour quelque chose. Mais lui, c’est l’homme musulman qui a dit mes filles seront capables, qui a vendu sa boîte à ses filles quand elles ont eu 20 ans parce que sinon, quand vous n’avez pas de frère, vous avez des cousins qui rentrent dans l’héritage. Eh bien, il nous a donné les moyens de nous affirmer dans ce business et d’assurer la pérennité », raconte-t-elle. 

Elle fonde une famille en France, se marie avec un avocat corse, a deux garçons. Mais en 2012, l’appel du retour au pays est grand. Un choix qu’elle ne regrette pas. 

« Heureusement que je l’ai fait. Je serais chez LVMH ou ailleurs. Bon c’était génial, je m’éclatais. Mais le sens que j’ai trouvé ici. Agir pour le soin pour tous au quotidien. Vous savez pourquoi vous vous levez. Même si c’est magnifique de vendre du rêve sur du parfum, vous ne vous levez pas pour la typo de ce qui va être sur le flacon pour que ce soit rock, chic ou aristocrate. Là, vous vous levez pour que les gens vivent, c’est extraordinaire. Et quand en plus c’est dans votre propre business, que vous avez les mains complètement libres, parce qu’on est deux actionnaires, ma sœur et moi, donc on n’a pas d’autres actionnaires qui attendent des dividendes à la fin de l’année et qui nous empêchent d’investir. Quel bonheur, quel kiff ! Nous, on réinvestit tout ce qu’on gagne », confie la femme d’entreprise. 

Patriote, elle se dit guidée par les préceptes paternels. Il continue d’ailleurs à conseiller ses filles. Et ses projets d’avenir restent à Pharma 5. 

« Alors où je me vois dans 10 ans ? Toujours dans Pharma 5, avec plusieurs usines sur le continent, peut-être même une usine en Europe. J’aimerais que Pharma 5 soit une petite multinationale, en tout cas, c’est notre rêve. Et en ayant démontré au monde aussi, la capacité du Maroc à produire du médicament de très grande qualité, ça, c’est quelque chose d’acquis aujourd’hui, mais la capacité du Maroc aussi à être moteur dans de grandes avancées scientifiques », s’exclame-t-elle.

Parmi ses espoirs : être pionnière dans les avancées médicales, notamment dans le cannabis thérapeutique. 

► À écouter aussi : Maroc : le laboratoire Pharma 5, fleuron de l’industrie pharmaceutique africaine

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