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Norvège: un espion russe qui se faisait passer pour un chercheur brésilien arrêté

todayoctobre 30, 2022

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Il se faisait passer pour un chercheur brésilien, spécialiste des enjeux arctiques. Installé à Tromsø dans l’extrême Nord de la Norvège, un espion russe a été arrêté lundi dernier par les autorités. Son identité est désormais confirmée. Cet « agent illégal » est mis en détention provisoire pour quatre semaines, en vue d’une expulsion.

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Avec notre correspondante à Stockholm, Carlotta Morteo

Les photos en attestent : José Assis Giammaria est en fait Mikhail Mikhushin, né en 1978, membre du GRU, la direction générale des renseignements de l’état-major des Forces armées russes.

De ce que l’on sait, l’espion a participé à un séminaire organisé à Vilnius, quelques jours après le début des fuites de gaz en mer Baltique qui visait à mettre en lumière les vulnérabilités que les adversaires de l’Union européenne pourraient exploiter dans une guerre hybride.

Arrivé à Tromsø il y a un an, Mikhail Mikhushin se serait constitué un réseau d’informateurs à même de lui fournir des détails intéressants pour la Russie sur la politique norvégienne dans le Grand Nord. Le site d’investigation BellingCat a en tout cas réussi à démanteler sa couverture.

« Mikail l’envahisseur »

Brésilien, car c’est un pays où l’état civil n’étant pas centralisé, il est relativement simple de s’approprier une identité. L’espion a ensuite passé plusieurs années au Canada, pays tranquille où polir sa légende. Mais il a laissé des traces en ligne qui l’ont trahi. Pour un espion, c’est cocasse. Le chercheur avait notamment utilisé pour pseudo : Mikail the Invador, Mikhail l’envahisseur.

L’ambassade de Moscou à Oslo nie et dénonce la « psychose » et « l’espionnite » qui s’est emparée selon elle de la Norvège, le pays ayant aussi ces dernières semaines arrêté une dizaine de citoyens russes, accusés d’avoir fait voler des drones au-dessus de son territoire.

► À lire aussi : Norvège: dans le Grand Nord, les Russes ne font peur à personne

Bellingcat, le site d'enquête honni du Kremlin

Bellingcat s’est bâti une réputation de dénicheur de scoops ces derniers mois en enquêtant notamment sur les exactions commises lors du conflit ukrainien, au point de devenir un poil à gratter pour le Kremlin. Sa méthode de travail se base sur l’exploitation de données accessibles à tous en ligne, l’OSINT pour « Open Source Intelligence ». Le média, basé à Amsterdam, a été créé en 2014 par Eliot Higgins, un Anglais de 43 ans. Le collectif est scindé en deux, avec d’un côté une ONG dédiée à l’enquête sur les crimes de guerre, et de l’autre un site d’investigation.

Bellingcat s’est fait remarquer en enquêtant en 2014 sur le crash du vol MH17 de la Malaysian Airlines. Le site est parvenu à démontrer la responsabilité de l’armée russe et rebelles prorusses du Donbass dans l’accident aérien. Bellingcat, qui tient son nom d’une fable mettant en scène des souris qui s’entraident pour attacher une clochette autour d’un chat, compte une trentaine d’employés et une cinquantaine de collaborateurs à travers le monde. 

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