L'Europe

«Nous devons tout faire pour soutenir l’Ukraine», estime un eurodéputé Fratelli d’Italia

todaynovembre 4, 2022

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Giorgia Meloni est attendue ce jeudi 3 novembre à Bruxelles, pour sa première visite en tant que Première ministre d’Italie. La dirigeante d’extrême droite aura pour objectif de rassurer ses partenaires européens, et de sécuriser les financements dont son pays a besoin.  Elle pourra s’appuyer, notamment, sur des positions convergentes vis-à-vis de la guerre en Ukraine.

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Contrairement à d’autres partenaires de sa coalition en Italie, tels que Matteo Salvini et Silvio Berlusconi, Giorgia Meloni a toujours clairement dénoncé l’agression russe contre l’Ukraine et soutenu les sanctions prises face à Moscou. C’est ce qu’a expliqué à RFI l’Eurodéputé italien Nicola Procaccini, membre des Fratelli d’Italia, le parti de Giorgia Meloni.

RFI : Pourquoi Giorgia Meloni a-t-elle choisi Bruxelles pour son premier déplacement à l’étranger depuis sa victoire aux élections ? 

Nicola Procaccini : Il ne s’agit pas d’une simple visite de courtoisie. Un échange continu et constructif avec les autres États membres de l’UE est nécessaire, surtout dans une période aussi difficile et sur le plan international. Nous devons agir immédiatement, sans perdre de temps. C’est pourquoi, dès les premières heures de son mandat, la nouvelle Première ministre italienne a rencontré à Rome le président français, Emmanuel Macron, c’est pour cela également qu’elle a très vite eu une conversation téléphonique avec le chancelier allemand, Olaf Scholz. Vous savez que nous devons prendre des mesures pour réduire les prix de l’énergie dès que possible. Il nous faut arriver à un accord sur ce point.

La crise énergétique est donc la principale préoccupation de Giorgia Meloni ? Est-ce de cela qu’elle veut parler en premier lieu à Bruxelles ?

Oui, absolument. Nos familles et nos entreprises font face à une période de grande difficulté ! Et il est nécessaire d’adopter immédiatement des mesures pour éviter des faillites en série, car cela serait catastrophique pour nos économies. Il est donc crucial d’avoir un dialogue ouvert avec les pays européens pour introduire ces mesures et pour lutter contre la crise énergétique. Il existe de très nombreuses solutions que nous pouvons adopter ensemble. Par exemple, le plafonnement du prix du gaz énergétique. Nous pensons que c’est une mesure importante.

Nous devons également atteindre l’indépendance énergétique. Et ce n’est pas seulement vrai pour l’Italie, mais pour toute l’Union européenne. Car, si nous ne parvenons pas à l’indépendance énergétique, nous risquons de devenir dépendants de la Russie, de la Chine ou d’autres régimes dans le monde. 

Vous avez mentionné la Russie. Quel sera le message de Giorgia Meloni concernant les sanctions ?   

Je pense que, lors de sa visite à Bruxelles, la Première ministre abordera également la question de la guerre en Ukraine. Dans sa conversation téléphonique avec Olaf Scholz, elle a rappelé l’engagement de l’Italie à soutenir Kiev, sur les fronts politique, militaire, économique et humanitaire, et elle a exprimé l’importance cruciale à nos yeux de la reconstruction de l’Ukraine. 

Si de nouvelles sanctions doivent être décidées, la nouvelle dirigeante italienne les adoptera-t-elle ?  

Si nous en avons besoin, oui, évidemment ! Nous devons tout faire pour soutenir l’Ukraine, car le seul moyen de soutenir nos démocraties, c’est de soutenir les victimes de cette terrible agression. Ce n’est pas seulement une aide au peuple ukrainien, c’est aussi une aide pour notre propre peuple.  L’autre moyen serait de se battre directement contre la Russie et évidemment, c’est impossible. La seule alternative, ce sont les sanctions économiques et le soutien au gouvernement ukrainien. Je pense que c’est dur, que c’est une souffrance pour nous tous, mais c’est la seule solution.

En ce qui concerne le fonctionnement de l’Europe, Giorgia Meloni a déclaré que l’Italie respectera les règles européennes. Mais elle a dit également qu’elle veut changer celles qui ne fonctionnent pas. Quelles règles veut-elle changer ?

Nous pensons que l’Europe devrait agir comme une seule entité sur quelques grandes questions comme la défense ou la politique énergétique, tout en laissant aux pays le soin de décider individuellement du reste des questions. Cela garantirait le respect de la spécificité de chaque Nation, de son histoire et de ses traditions, qui constituent ensemble la véritable richesse de l’Europe. C’est cela le changement : faire en sorte que l’Union européenne puisse faire un peu mieux sans disperser ses forces et devenir un dédale bureaucratique.

Comme je l’ai dit, la crise énergétique est l’une des grandes questions sur lesquelles nous pensons que l’Europe doit agir de manière unie et pour laquelle elle doit affirmer son rôle. Je tiens à rappeler que l’Union entre les États européens après la Seconde Guerre mondiale est née précisément pour collaborer sur les problèmes énergétiques. Mais, malheureusement, au fil des ans et même pendant la grave crise énergétique à laquelle nous sommes actuellement confrontés, l’Europe n’a pas toujours réussi à agir de manière unie.

Quelle sera la position de Giorgia Meloni dans le bras de fer qui oppose l’Union européenne à la Hongrie et à la Pologne sur la primauté de l’État de droit et sur la conditionnalité des aides européennes ? Va-t-elle s’en tenir à la position de Bruxelles ou va-t-elle aider ses amis polonais et hongrois ?

Nous pensons que cette conditionnalité des aides est une grave erreur. L’Europe a besoin d’unité et nous pensons qu’il est contre-productif de se battre contre deux pays importants comme la Pologne ou la Hongrie. En particulier, contre la Hongrie qui risque de tomber dans les bras de la Russie. La Hongrie est un pays indépendant, son gouvernement a été élu lors d’élections démocratiques et le gouvernement de Viktor Orban a le droit de réaliser son programme.

Même si ce programme est en contradiction avec les valeurs fondamentales de l’Union, telles que la primauté de l’État de droit ?

J’ai remarqué durant toutes ces années au Parlement européen que souvent la primauté de l’État de droit était instrumentalisée par ceux qui s’en réclament. Cette primauté a été utilisée pour servir le programme et l’agenda de la gauche européenne.  Ainsi, si vous essayez de réaliser un programme conservateur, vous êtes automatiquement accusés de bafouer l’État de droit.

La primauté de l’État de droit est une chose très importante, une valeur très importante pour l’Union européenne, mais il ne doit pas s’agir d’une arme politique pour combattre ses ennemis. Nous pensons que c’est une des choses qui doit changer parce que ce n’est pas satisfaisant. Dans le traité, la primauté de l’État de droit est une chose sérieuse. Notre avis, c’est que cela ne doit pas devenir un argument dans un débat politique. 

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