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Révolution hongroise de 1956: la jeunesse dans la rue pour des commémorations

todayoctobre 23, 2022 1

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Ce dimanche 23 octobre 2022, les Hongrois commémorent la révolution de 1956. Il y a 66 ans exactement, les étudiants étaient les premiers à réclamer la liberté, ce sont eux qui avaient lancé l’insurrection contre l’occupant soviétique. Les chars russes avaient quitté le pays mais étaient revenus dix jours plus tard, pour réprimer la rébellion dans le sang. Et comme en 1956, c’est la jeunesse hongroise qui sera sur le devant de la scène.

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De notre correspondante à Budapest,

Les lycéens hongrois organisent cette année une grande manifestation, avec des concerts. Cela fait plusieurs semaines que ces jeunes descendent dans la rue. Le 5 octobre, leur manifestation a rassemblé plus de 40 000 personnes. Ils protestent contre le licenciement de cinq professeurs de lycée, limogés pour avoir fait grève. Une loi récente rend en effet la grève impossible. Les professeurs ont le droit de faire grève, à condition qu’ils assurent leurs cours ! Outre ces cinq professeurs, une quarantaine d’enseignants sont menacés de licenciement. C’est ce qui indigne les lycéens.

À lire aussiEn Hongrie, les lycéens viennent soutenir leurs enseignants en grève

Rétablir le droit de grève

En 1956, les étudiants voulaient la révolution. Les jeunes de 2022 sont plus prudents que leurs aînés. Ce qu’ils veulent, c’est d’abord le rétablissement du droit de grève. Ensuite, ils demandent une hausse de salaire conséquente pour les enseignants, qui sont très mal payés. Dans le secteur public, un débutant gagne deux fois moins qu’une caissière de supermarché. Résultat, beaucoup quittent l’enseignement. Dans de nombreux lycées, il n’y a pas d’enseignants de maths, de chimie, ou de physique. 

Les lycéens réclament également la liberté de l’enseignement. À la chute du communisme, le retour à la liberté de l’enseignement avait été l’une des premières conquêtes de la démocratie en Hongrie. Les parents pouvaient enfin choisir une école ou une méthode d’enseignement. Ils pouvaient décider que leur enfant étudie à la maison, seul ou avec d’autres élèves. Une liberté mise à mal par le gouvernement de Viktor Orban qui a par exemple imposé de nouveaux manuels scolaires édités par un organisme d’État. Ces livres sont gratuits, mais ils sont très mauvais. Les jeunes veulent pouvoir choisir leurs manuels, comme c’était le cas avant. Ces derniers jours, il y a eu des manifestations de parents et le personnel d’écoles maternelles a cessé le travail pendant quelques heures.

À écouter aussi : en Hongrie, controverse autour du nouveau programme scolaire

Un 23 octobre un peu différent

D’habitude, le 23 octobre, Viktor Orban prononce un grand discours à Budapest. Mais ce dimanche 23 octobre 2022, il ne sera pas à Budapest. Il va inaugurer un monument dans un obscur petit village de province. C’est un aveu de faiblesse de Viktor Orban qui n’a visiblement pas envie de parler devant quelques centaines de partisans, alors que des dizaines de milliers de personnes sont attendues aux côtés des lycéens.

Ce ne sont toutefois pas ces manifestations qui vont lui faire perdre le pouvoir. Ce sont des lycéens de terminale qui protestent et après le bac, beaucoup envisagent d’étudier à l’étranger. Et puis, Viktor Orban possède 80 % des médias, un empire médiatique qui lui permet de rester au pouvoir. Comme en Russie, ces médias font de la désinformation, ils racontent sans aucune preuve que des enseignants sont pédophiles. Et pour le moment, la majorité des électeurs croit à tout cela.

► À lire aussi : Budapest 56 : les Hongrois déboulonnent la statue de Staline 

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