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Royaume-Uni: le groupe de résistance civile Just Stop Oil multiplie ses actions coups de poing – Reportage international

todaynovembre 10, 2022 1

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Leurs actions ont fait le tour du monde : blocage de routes et de ponts, jet de soupe sur Les Tournesols… Au Royaume-Uni, le mouvement Just Stop Oil a organisé des mobilisations quotidiennes pendant tout le mois d’octobre, pour réclamer l’interdiction de nouveaux permis de forer en mer du Nord. Immersion au sein de ces nouveaux défenseurs du climat. 

Avec notre correspondante à Londres, 

Heure de pointe matinale, au cœur de la City à Londres. Surgis des rues adjacentes, les membres de Just Stop Oil s’asseyent sur l’intersection. Steven, la cinquantaine grisonnante, bloque un bus, c’est sa cinquième action : « Malheureusement, il semblerait que ce soit la seule manière d’attirer l’attention. Signer des pétitions, faire des manifestations, contacter nos députés, ça ne suffit pas. Je n’ai pas l’impression d’avoir le choix, je dois faire ça. »

Just Stop Oil n’a qu’un objectif : pousser le gouvernement à ne plus autoriser de nouveaux forages en mer du Nord : « Nous ne demandons pas l’arrêt de toutes les pompes à pétrole dès aujourd’hui, explique Steven. Ce que nous exigeons, c’est d’utiliser la réserve actuelle, de sept ans dans ce pays. Pendant ce temps, et c’est tout à fait faisable, on transitionne vers des sources renouvelables. Sans puiser de nouveau pétrole, parce que cela nous obligerait à garder des énergies fossiles pendant encore des décennies. »

► À lire aussi : Écologie : faut-il être radical pour se faire entendre ?

Des méthodes qui ne font pas l’unanimité

Après dix minutes de blocage, la police quadrille le carrefour. Certains se sont glués au bitume pour faire durer l’action. Plus de 600 personnes ont été arrêtées en octobre 2022 : des militants, mais aussi des passants. La Metropolitan Police a dû demander aux automobilistes de ne pas intervenir. Les gilets orange ne parviennent pas toujours à ouvrir le dialogue, comme le montre cet échange : 

« Mais ça ne marche pas comme ça dans la vraie vie ! Ce que vous faites, ça a un impact sur les autres !  », proteste un homme, énervé.

« Oui, mais l’impact du dérèglement climatique… », répond un militant. 

« Ce monsieur doit aller au travail, vous le forcez à se garer n’importe comment et il va recevoir une amende. Vous allez la payer peut-être ? »

« On ne force personne à… » 

« Vous ne forcez personne, mais vous l’empêchez de travailler ! Vous avez le choix, pas lui. Vous nous faites perdre du temps. »

Dans les rangs du mouvement de résistance civile (qui refuse l’étiquette d’éco-activistes), des gens de tous âges et de tous horizons… Helen, 66 ans et ancienne directrice d’école, a rejoint Just Stop Oil il y a quelques mois : « Je veux pouvoir dire à mes enfants : « j’ai fait de mon mieux pour vous. J’ai occupé des routes, j’ai protesté. » Et je ne suis qu’une femme ordinaire, je n’ai jamais participé à aucune contestation. J’ai deux enfants trentenaires, ils ont renoncé à avoir des enfants parce que l’avenir les terrorise ! »

Après plus d’un mois de mobilisation, la « résistance civile pour la protection de l’environnement » a recueilli le soutien de deux tiers des Britanniques, d’après un sondage. Sean coordonne la partie démocratie interne du mouvement :

Malheureusement, les perturbations énervent naturellement les gens. Mais en même temps, personne ne contredit notre message : personne n’a envie de voir ses enfants mourir de faim d’ici 20 ans. Au bout du compte, tout le monde soutient notre exigence, même s’ils désapprouvent nos tactiques.

Just Stop Oil promet de poursuivre ses actions choc pour rester dans le débat public. 

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