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Taïwan dans le collimateur chinois – Le monde en questions

todayoctobre 21, 2022

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Jamais la pression politique n’a été aussi grande alors que s’achève le XXe Congrès du Parti communiste chinois à Pékin. Quelle est l’ambiance dans l’île de 24 millions d’habitants ? 

Au-delà des traditionnels défilés militaires, des danses traditionnelles et des parades d’avions de chasse dans le ciel de Taipei, le lundi 10 octobre 2022, jour de fête nationale, aura aussi et surtout été marqué par le discours de la présidente Tsai Ing-wen, volontiers martial et cherchant à faire écho à l’invasion russe en Ukraine : parfait résumé aux accents prophétique de l’état d’esprit du moment à Taïwan. « Nous ne pouvons absolument pas ignorer les risques que ces expansions militaires font peser sur l’ordre mondial et démocratique », a-t-elle déclaré devant une audience muette et de finir par ces mots : « la destruction de la démocratie à Taïwan serait une grave défaite pour les démocraties du monde. »

Dans les rues de Taipei, une forme d’insouciance incrédule face à une menace vielle de 70 ans s’est donc peu à peu transformée cette année en un sentiment d’inquiétude devant la possibilité d’une guerre dont personne ne connaît les conséquences.

► À lire aussi : Taïwan inquiet, mais déterminé face aux menaces de Xi Jinping

Les propos peu rassurants de Xi Jinping

Il faut dire que de son côté, le président chinois, Xi Jinping, est loin d’avoir tenu des propos rassurants en ouverture du Congrès le 16 octobre à Pékin. 2022 est en effet un tournant : la visite début août à Taïwan de l’Américaine Nancy Pelosi, présidente de Chambre des représentants, a été vécue comme une provocation de Washington à Pékin. Résultat : le déclenchement des plus grosses manœuvres militaires chinoises de l’histoire récente au-dessus du détroit de Formose, les quelque 180 kilomètres qui séparent la Chine de Taïwan et la violation d’une ligne de démarcation immatérielle jusqu’alors respectée par les deux parties.

Le préambule a une « nouvelle normalité stratégique », selon les officiels taïwanais qui dénoncent la pression militaire chinoise. Et le président Xi Jinping n’a pas été en reste puisqu’il a assuré que Pékin avait pour objectif de « réunifier Taiwan » et pour ce, « de ne jamais renoncer à faire usage de la force. » Rien de bien rassurant.

► À lire aussi : XXe Congrès du PCC: «Pour légitimer son pouvoir, Xi Jinping réécrit l’Histoire»

Taiwan est-elle prête à l’éventualité de la guerre ? 

Le précèdent ukrainien, mais aussi, dans une moindre mesure mais plus proche, la reprise en mains musclées de Hong Kong par Pékin sans susciter davantage que des déclarations indignées de la part de la communauté internationale, ont certainement mobilisé l’opinion taïwanaise qui, bien que divisée sur les questions stratégiques, tentent de s’organiser.

Le ministre des Affaires Étrangères Joseph Wu de marteler que le « gouvernement se préparait à l’éventualité de l’invasion chinoise et renforçait les entraînements militaires et les armes de défense asymétriques ». Les prédictions d’un certain nombre d’experts militaires dans la région estiment que la possibilité d’une invasion chinoise se situe entre les années 2025 et 2027.

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