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Ukraine: sur le front de Kherson, «c’est plus compliqué qu’on ne l’aurait voulu»

todaynovembre 1, 2022

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L’opération de libération de Kherson va durer jusqu’à fin novembre, selon les pronostics du chef de la direction principale du renseignement du ministère de la Défense ukrainien, Kyrylo Budanov. Après avoir libéré plusieurs villages dans le sud du pays, les forces armées ukrainiennes rencontrent de la résistance dans leur progression vers Kherson. Nos envoyés spéciaux ont rencontré des militaires qui combattent sur ce front.

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Avec nos envoyés spéciaux en Ukraine, Anastasia Becchio et Boris Vichith

Quelques heures de repos dans son unité, dans un village libéré le mois dernier, avant de retourner sur le front. Tel est le programme d’Evguen, de la 60e brigade, garagiste dans le civil, mobilisé dans les premiers jours de la guerre.

« C’est plus compliqué qu’on ne l’aurait voulu, mais on ne s’attendait pas vraiment à ce qu’ils s’enfuient en courant et laissent tout derrière eux. Il faut se battre pour chaque village, chaque bout de champ. Le terrain est difficile : c’est de la steppe et quand les gens partent à l’assaut, ils sont à découvert. Mais ce n’est pas grave, on y arrivera, c’est une question de temps », rapporte-t-il.

L’objectif reste de reprendre Kherson. L’administration d’occupation russe a juré d’en faire une « forteresse » et a évacué une partie des civils sur l’autre rive du Dniepr. Pour cet officier venu faire réparer sa voiture dans une ville voisine, cela compliquera la tâche des forces armées ukrainiennes.

« Ils ont fait exprès d’emmener les gens sur l’autre rive de Kherson, parce qu’ils vont leur servir de bouclier. C’est leur stratégie militaire. Et après, ils vont raconter qu’on tire sur nos gens. Comme à Enerhodar : ils ont pris la centrale nucléaire et se permettent tout parce qu’ils savent qu’on ne tirera pas dessus », constate Ilya, chef d’une unité de liaison et de communications spéciales de la garde nationale. Les deux militaires ne se font pas d’illusion : la bataille sera encore longue et elle cause, disent-ils, d’importantes pertes dans les deux camps.

Une guerre d’artillerie

Gilet pare-balles, talkie-walkie en bandoulière, Ilya prend quand même le temps d’un café. « On a fait le plein et on repart au combat », dit-il.  « Ces dernières 24 heures, ils ne nous ont laissé dormir que deux heures. Les Russes nous envoie des Grad, des Tornado. On a même eu des bombes au phosphore ce matin », constate-t-il aussi.  

Après avoir libéré quinze villages en deux semaines, le rythme s’est ralenti, raconte le sergent-chef au nom de guerre « Le long ». « Ils ont concentré leurs troupes autour de Kherson et, ces deux dernières semaines, on n’arrive plus à percer. On fait du sur place. Le fleuve nous sépare de 7 km. La nuit, ils sortent sur la rive et font marcher leur artillerie. Ils sont très nombreux, ils les ont mobilisés, ça fait beaucoup de chair à canon. Là où on en est, il n’y a pas besoin d’expérience, c’est une guerre d’artillerie. C’est à celui qui aura les canons les plus nombreux et qui tirent le plus loin », rapporte-t-il

Les Russes ont fortifié les abords de Kherson, mais ils risquent d’être à court de munitions, selon le sergent-chef. « Les premiers mois où j’ai été déployé dans cette région, ils n’arrêtaient pas de pilonner, parce qu’ils avaient énormément de munitions. Mais on leur a détruit les ponts et ils ne tirent plus que de manière ciblée. Je ne sais pas comment ils vont pouvoir s’approvisionner. J’espère qu’ils n’y arriveront pas, parce qu’il ne reste plus que la voie maritime et qu’ils finiront par manquer de munitions », poursuit-il.  

En attendant, le renseignement ukrainien travaille efficacement, se réjouit Ilya, racontant que les Russes qui visaient une colonne de 20 véhicules chargés de munitions n’ont réussi à atteindre aucun des camions de l’autre rive. « Nos éclaireurs leur transmettaient les informations par radio, ils ont fait les bons écarts et les obus sont tombés à côté sans toucher aucun des véhicules. » Le café est bu, le gobelet en carton réduit en boule par les mains nerveuses du combattant. Il est temps de remettre le cap au sud.

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